sam | 30 mai de 17h00 à 19h00
Grand-Rue 80 – 1890 St-Maurice
entrée libre, sans inscription
La Société suisse des femmes artistes en arts visuels (SSFA) est une entité qui existe encore aujourd’hui et demeure active, surtout en Suisse alémanique. Elle constitue la survivance d’une société de femmes artistes fondée en 1902 dans le canton de Vaud. L’année suivante, avec l’ouverture de sections à Genève et à Neuchâtel, la société devenait romande et, cinq ans plus tard, nationale avec l’apparition de sections alémaniques. Cette société historique, nommée SSFPS (Société suisse des femmes peintres et sculpteurs), est née en réaction au refus de la SPSS (Société des peintres et sculpteurs suisses) d’accueillir des femmes dans ses rangs autrement qu’en tant que membres passifs.
Les femmes se sont donc fédérées de leur côté, organisant leurs propres expositions collectives destinées à leurs membres dans toute la Suisse, tout en mettant en place des formes d’entraide et de conseil, à la manière d’un syndicat professionnel. Entre-temps renommée SPSAS (Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses), la société masculine s’ouvre aux femmes en 1970. Il faudra toutefois attendre les années 2000 et une refonte structurelle de la société — qui prendra alors le nom de Visarte — pour qu’une tentative de fusion entre la société des hommes et celle des femmes voie le jour, mais sans succès. De nombreuses femmes rejoignent alors Visarte, tandis que d’autres poursuivent leur route au sein de ce qui est aujourd’hui la SSFA.
De manière surprenante, l’histoire de ces sociétés a été étudiée plus ou moins à l’échelle cantonale, mais il reste difficile d’obtenir une vue d’ensemble de cette aventure pourtant collective. Pire encore, le site internet de l’actuelle SSFA fait à peine mention de ses racines romandes ou se trompe sur le nom de certaines personnes.
Cet exposé se propose de partir sur les traces de ces pionnières et d’analyser, de manière comparative, les différentes trajectoires cantonales de ces sociétés, remettant en lumière des personnalités qui furent présidentes de section, telles que Nora Gross, Violette Diserens, Germaine Ernst ou encore Janebé.
La conférence est donnée par Yves Guignard, historien de l’art.